Multimètre : modèles, types et prix en 2026
Compilé et vérifié à partir des sources citées, revu par notre équipe éditoriale.
Un multimètre coûte entre une quinzaine d’euros et plus de 400 €. Deux appareils posés sur le même rayon peuvent afficher un rapport de vingt entre eux tout en promettant la même chose : « mesure tension, courant et résistance ».
L’écart ne vient pas du nombre de fonctions imprimées sur le sélecteur. Quatre éléments font le prix : la mesure True RMS, la catégorie de sécurité CAT, la résolution en points et le type de fusible interne. Sans ces repères, l’appareil à 20 € semble faire le même travail. Dans un tableau électrique, il ne le fait pas.
Ci-dessous : ce qui détermine réellement le prix, puis des modèles concrets par budget avec leurs tarifs.
Les prix sont ceux d'août 2026 et correspondent aux listings courants chez Amazon.fr, Leroy Merlin, ManoMano, Conrad.fr et sur les comparateurs comme idealo. Ils bougent avec les promotions et les stocks : lisez-les comme des ordres de grandeur.
Les 6 éléments qui font le prix
1. La mesure True RMS. Les appareils bon marché sont « à valeur moyenne » : ils mesurent la moyenne redressée et multiplient par 1,11. Ce facteur n’est exact que pour une sinusoïde parfaite. Sur un éclairage à variateur, une sortie de variateur de vitesse, une alimentation à découpage ou une ASI, un appareil à valeur moyenne peut afficher jusqu’à 40 % de moins. Le True RMS double environ le prix et n’est pas négociable en électricité.
2. La catégorie CAT. Cherchez CAT II 600 V, CAT III 1000 V ou équivalent sur l’appareil. Plus la catégorie est élevée, plus l’appareil doit encaisser d’énergie de surtension transitoire. Un CAT II dans un tableau reste dangereux même si la valeur affichée est juste. Beaucoup d’appareils bon marché impriment CAT III sans la protection interne correspondante — c’est l’une des raisons les plus honnêtes de l’écart de prix.
3. La résolution (points). Un appareil 2000 points va jusqu’à 1,999 V ; 6000 points jusqu’à 5,999 V ; 20000 points jusqu’à 19,999 V. En électronique, 6000 est le plancher, 20000+ le confort.
4. Le fusible. Les bons appareils utilisent des fusibles céramiques HRC ; les autres un fusible verre, voire rien. C’est le seul composant entre vous et un arc quand vous mesurez une tension avec les cordons sur la borne de courant.
5. La précision. Donnée sous la forme ±(0,5 % de la lecture + 2 digits). L’entrée de gamme tourne autour de 1 % en tension continue, le milieu de gamme à 0,5 %, le professionnel descend à 0,09 %. Chez soi, 1 % suffit largement.
6. Les fonctions annexes. Calibre automatique, capacité, fréquence, température, détection sans contact (NCV), mode basse impédance (LoZ), maintien d’affichage, Bluetooth. Les deux qui changent vraiment la vie : NCV et LoZ.
Le détail de ce que signifient ces caractéristiques est développé dans multimètre ou voltmètre.
Les types de multimètre
Multimètre numérique portatif. La forme standard : bornes, sélecteur rotatif, afficheur LCD. Du tiroir de cuisine au poste de transformation.
Pince ampèremétrique. Mesure le courant sans ouvrir le circuit : le conducteur passe dans la pince. Bien plus sûre sur les fortes intensités. Tension et résistance restent mesurées aux pointes de touche. Les modèles AC seuls sont moins chers, les AC/DC (à effet Hall) plus onéreux.
Multimètre stylo. Corps d’une seule pièce, utilisable d’une main. Pratique dans un tableau étroit, mais limité en résolution et en calibres.
Multimètre de table. Pour laboratoire et production. 5,5 à 6,5 digits, liaison PC, certificat d’étalonnage. Une autre classe de prix.
Multimètre analogique. Aiguille et cadran. Excellent pour suivre une évolution et sans pile pour la tension ; sa faible impédance d’entrée trompe sur les circuits à haute impédance. Acheté surtout pour l’enseignement.
Multimètre connecté. Transmet les mesures au téléphone et trace des courbes. Kaiweets, Fnirsi et UNI-T en proposent à prix accessible.
Modèles par budget
15 - 50 € : maison et contrôles de base
Valeur moyenne, 2000-4000 points, calibre manuel ou semi-automatique. Largement suffisant pour prises, piles, continuité et ampoules.
| Modèle | Point fort | Prix indicatif |
|---|---|---|
| Copies DT-830 / XL830L | Le niveau utilisable le moins cher | 8 - 15 € |
| UNI-T série UT33 | Boîtier robuste, gaine silicone | 20 - 35 € |
| Uni-T UT123D | Format poche, une main | 25 - 40 € |
| Entrée de gamme Facom / Leroy Merlin | Garantie et SAV en France | 30 - 50 € |
À ce niveau, n’attendez pas de True RMS et n’utilisez pas l’appareil dans un tableau. Le fusible est le plus souvent en verre.
50 - 120 € : usage domestique sérieux et électronique loisir
6000 points, calibre automatique, capacité et fréquence commencent ici.
| Modèle | Point fort | Prix indicatif |
|---|---|---|
| Kaiweets HT118A | True RMS, NCV, garantie 3 ans | 40 - 60 € |
| UNI-T UT61E+ | 22000 points True RMS, le classique de l’électronique | 55 - 90 € |
| Facom 711B | Marque outillage française, réseau de distribution large | 70 - 120 € |
| Chauvin Arnoux C.A 5011 | Fabricant français, documentation en français | 90 - 140 € |
Si vous réparez des cartes, c’est ici que ça commence vraiment : sans mesure de capacité ni calibres mA/µA, chercher une panne d’alimentation revient à deviner.
120 - 400 € : métier et industrie
| Modèle | Point fort | Prix indicatif |
|---|---|---|
| Chauvin Arnoux C.A 702 / 703 | Conception française, CAT III/IV, SAV local | 130 - 300 € |
| Fluke 113 / 115 | Entrée de gamme Fluke, solide | 160 - 260 € |
| Fluke 117 | LoZ (AutoV) et NCV, les anti-tension fantôme | à partir d’environ 296 € |
| Fluke 87V | Référence industrie, 4 digits | 400 - 520 € |
Le Fluke 117 se trouve autour de 296 € sur les comparateurs, et ce prix ne paie pas des décimales : il paie la résistance aux chutes, la qualité des cordons, les fusibles HRC, la protection d’entrée, le service d’étalonnage et la disponibilité des pièces.
Chauvin Arnoux mérite une mention à part : constructeur français, documentation et SAV en français, très présent dans les lycées professionnels et chez les électriciens — un vrai avantage quand il faut faire réparer ou étalonner un appareil sans l’envoyer à l’étranger.
Pinces ampèremétriques
| Modèle | Point fort | Prix indicatif |
|---|---|---|
| UNI-T UT210E | AC/DC 100 A, format mini, True RMS | 40 - 70 € |
| Chauvin Arnoux série F | CAT IV, fabrication française | 130 - 400 € |
| Fluke 323 / 376 FC | Mesure de courant d’appel, CAT IV | 180 - 500 € |
La capacité AC/DC est déterminante pour le photovoltaïque, les parcs de batteries et l’électricité automobile. Une pince AC seule ne mesure pas du tout le continu.
Les marques sur le marché français
Chauvin Arnoux — Constructeur français historique, très présent en formation et dans les métiers de l’électricité. Étalonnage et réparation en France.
Facom — Marque d’outillage bien distribuée, appareils robustes pensés pour l’atelier et l’automobile.
Fluke — La référence. Cher pour son ingénierie de sécurité et son service, pas pour son afficheur. Meilleure valeur de revente du secteur.
Metrix — Marque du groupe Chauvin Arnoux, positionnée sur l’électronique et l’enseignement.
UNI-T, Kaiweets, Fnirsi — Import direct, listes de fonctions longues, prix bas. Points faibles : qualité des fusibles et déclarations CAT invérifiables. Cohérent pour l’établi, pas pour le tableau.
Voltcraft / PeakTech — Disponibles via Conrad.fr, bonne documentation, milieu de gamme raisonnable.
Quel appareil pour quel usage ?
- Prises, ampoules, piles, câbles à la maison : 15-50 €, avec bip de continuité, CAT II 600 V minimum.
- Électroménager et petits moteurs : 50-120 € ; capacité et sonde de température se rentabilisent vite.
- Électronique sur carte : classe UT61E+ à haute résolution ; calibre µA et capacité indispensables.
- Installation électrique, tableaux, moteurs : True RMS + CAT III 600 V (1000 V si possible) + LoZ. Chauvin Arnoux C.A 702 ou Fluke 117 et au-delà.
- Photovoltaïque, batteries, automobile : une pince AC/DC (classe UT210E) plus un bon portatif.
- Laboratoire, étalonnage, production : appareil de table 5,5 digits minimum, acheté avec certificat.
Checklist avant d’acheter
- La catégorie CAT et la tension sont-elles inscrites ? « 1000 V » seul ne suffit pas, il faut CAT II/III/IV à côté.
- Les cordons sont-ils certifiés au même niveau ? L’ensemble ne vaut que par son maillon le plus faible.
- Fusible céramique HRC ? C’est écrit dans la notice. La disponibilité des fusibles de rechange compte aussi.
- True RMS ou valeur moyenne ? Si « True RMS » n’apparaît pas, c’est valeur moyenne.
- Combien de points ? 2000, 4000, 6000, 20000+.
- Calibre automatique ? Sans lui, vous choisissez le calibre à la main à chaque mesure.
- Garantie et SAV en France ? Simple chez Chauvin Arnoux, Facom et Fluke ; souvent illusoire sur les imports directs.
- Étalonnage nécessaire ? Si vos mesures sont consignées ou contrôlées, achetez avec un certificat raccordé COFRAC.
Où acheter ?
- Amazon.fr / ManoMano — le plus grand choix, les prix les plus variables ; vérifiez le vendeur sur du matériel de sécurité.
- Leroy Merlin / Castorama — appareils grand public et Chauvin Arnoux, retour facile en magasin.
- Conrad.fr / RS France / Distrelec — fiches techniques complètes, marques Voltcraft et PeakTech.
- Distributeurs électriques (Rexel, Sonepar, CGED) — Chauvin Arnoux, Fluke et gestion des moyens de mesure.
- Comparateurs (idealo, LeGuide, Touslesprix) — le moyen le plus rapide de comparer un même modèle.
Ce qui fait bouger les prix en 2026
Le multimètre est un produit presque entièrement importé : le fret et les taxes se répercutent directement en rayon. Trois conséquences concrètes :
- En entrée de gamme, les prix baissent en euros constants — à budget égal, on a plus de fonctions chaque année.
- En haut de gamme (Fluke, Chauvin Arnoux), les prix suivent l’inflation et sont rarement bradés hors soldes.
- Le milieu de gamme est le champ de bataille : à 60 €, UNI-T propose aujourd’hui des caractéristiques qui valaient 200 € il y a cinq ans.
Questions fréquentes
Combien coûte un multimètre en 2026 ? Un appareil domestique simple coûte 15-50 €. Pour l’électronique loisir, comptez 50-120 €. Les appareils de métier True RMS CAT III démarrent vers 100 € et montent à 400 € ; le Fluke 117 se situe autour de 296 €.
Quel multimètre choisir pour la maison ? Un appareil avec bip de continuité et au moins CAT II 600 V. La série UT33 d’UNI-T ou une entrée de gamme Facom couvrent ce besoin entre 20 et 50 €.
Un multimètre pas cher suffit-il ? Pour les prises, les piles et la continuité, oui. Ne l’utilisez pas dans un tableau, sur un circuit moteur ou en sortie de variateur : sans True RMS il lit faux, et il n’a pas de vraie protection CAT.
Pourquoi les multimètres True RMS sont-ils plus chers ? Ils demandent une électronique de mesure supplémentaire pour calculer la vraie valeur efficace. Les appareils à valeur moyenne multiplient par 1,11, ce qui n’est valable que sur une sinusoïde propre et peut faire 40 % d’erreur sur un signal déformé.
Chauvin Arnoux ou Fluke ? Les deux sont des références. Chauvin Arnoux offre un SAV et un étalonnage en France avec une documentation en français ; Fluke apporte une gamme plus large et une meilleure valeur de revente. Pour un usage quotidien en tableau, les deux conviennent.
Pince ampèremétrique ou multimètre ? Deux usages distincts. La pince mesure le courant sans ouvrir le circuit et devient indispensable en forte intensité ; le portatif est plus précis sur les petits courants. Les électriciens possèdent les deux.
Combien de points faut-il ? 2000 à la maison, 6000 minimum en électronique loisir, 20000+ pour la réparation de cartes.
Faut-il étalonner son multimètre ? Pas pour un usage personnel. Dès que les mesures sont consignées, auditées ou opposables, un étalonnage annuel raccordé est nécessaire.
Un multimètre analogique a-t-il encore un intérêt ? Pour l’enseignement et pour suivre une variation à l’aiguille, oui. Sinon le numérique gagne sur la précision, la lisibilité et l’impédance d’entrée.
Le fusible a fondu, que faire ? Le remplacer par un fusible de même calibre, idéalement céramique HRC. Un fusible verre dégrade la protection. La cause est presque toujours une mesure de tension avec les cordons sur la borne de courant.
Peut-on se fier à un CAT III imprimé sur un appareil bon marché ? L’étiquette seule ne prouve rien. La vraie protection vient des résistances d’entrée, des PTC, des fusibles HRC et des distances d’isolement. Une marque connue chez un revendeur agréé réduit nettement le risque.
Combien de temps dure un multimètre ? Un bon appareil tient 10-15 ans. Ce qui s’use, ce sont les cordons et le commutateur ; remplacer les cordons coûte bien moins cher que l’appareil.
Que ne peut pas mesurer un multimètre ? La résistance d’isolement (mégohmmètre), la résistance de terre, le courant de fuite (pince spécifique), la forme d’onde et les hautes fréquences (oscilloscope).
Un multimètre Bluetooth vaut-il le coup ? Beaucoup, si vous travaillez seul avec besoin d’enregistrement ou si le point de mesure est dangereux à approcher. En usage courant, le surcoût ne se justifie pas.
Quels cordons acheter ? Des cordons isolés silicone, certifiés au moins à la catégorie CAT de l’appareil. Pinces crocodile et pointes fines facilitent le travail ; les cordons PVC rigides cassent au froid.
Sources
- idealo.fr — Comparateur de prix Fluke 117 (août 2026). https://www.idealo.fr/prix/1222588/fluke-117.html
- Fluke — When do you actually need a True-RMS multimeter? https://www.fluke.com/en-us/learn/blog/digital-multimeters/when-do-you-need-a-true-rms-multimeter
- Fluke — Dual impedance digital multimeters (LoZ). https://www.fluke.com/en-us/learn/blog/digital-multimeters/dual-impedance-digital-multimeters
- Chauvin Arnoux — Gamme multimètres et pinces. https://www.chauvin-arnoux.com
- CEI 61010-1 — Règles de sécurité pour appareils électriques de mesurage (catégories CAT). https://webstore.iec.ch/publication/4279