Pince ampèremétrique : types, usages et prix en euros
Compilé et vérifié à partir des sources citées, revu par notre équipe éditoriale.
En France, une pince ampèremétrique se trouve à 29,90 € chez Castorama et dépasse 1 500 € chez un distributeur de matériel de mesure. Entre les deux, il n’y a pas 50 nuances de qualité mais quatre choix techniques qui expliquent presque tout l’écart de prix : le principe de mesure (transformateur de courant ou effet Hall), la présence du True RMS, la catégorie de sécurité CAT, et la finesse de la mâchoire — sa résolution basse et son diamètre d’ouverture.
Se tromper sur l’un de ces quatre points, c’est acheter un appareil qui affichera zéro là où vous attendez une valeur, ou qui affichera une valeur fausse de 30 % sur un circuit à variateur. C’est aussi, dans le pire des cas, mettre un instrument CAT II dans un tableau divisionnaire, là où la norme impose du CAT III.
Comment fonctionne une pince ampèremétrique
Un ampèremètre classique se branche en série : il faut couper le fil, insérer l’appareil, tout remettre. Sur une installation en service, c’est long, risqué, et souvent impossible.
La pince fait l’inverse. Tout conducteur parcouru par un courant crée autour de lui un champ magnétique. La mâchoire ferromagnétique se referme autour du fil, canalise ce champ vers un circuit secondaire et le convertit en une valeur lisible. Le circuit n’est jamais ouvert, aucun contact électrique n’est établi avec la partie sous tension. L’invention est d’ailleurs française : elle est attribuée à Chauvin Arnoux dans les années 1930[1].
Deux technologies se partagent le marché, et c’est la première chose à vérifier sur une fiche produit.
Le transformateur de courant (CT). Le fil mesuré joue le rôle d’enroulement primaire à une seule spire ; la bobine de la mâchoire est le secondaire. Le principe repose sur l’induction électromagnétique, qui n’existe que si le champ varie. Ces pinces sont donc exclusivement alternatif (AC). Elles sont simples, robustes, bon marché, et n’ont besoin d’aucun réglage préalable.
L’effet Hall. Un petit capteur placé dans l’entrefer de la mâchoire délivre une tension proportionnelle au champ magnétique, qu’il soit variable ou statique. Ces pinces mesurent donc AC et DC. En contrepartie, le capteur dérive avec la température et le champ magnétique terrestre : il faut appuyer sur ZERO (ou REL) mâchoire fermée, à vide, avant chaque série de mesures en continu. Sans ce geste, la pince peut afficher 1 ou 2 A en l’absence totale de courant.
Une pince marquée seulement « A~ » affichera 0 sur une batterie, un panneau photovoltaïque ou un moteur à courant continu. Elle n'est pas en panne : le champ magnétique d'un courant continu est constant, et une bobine ne peut rien induire à partir d'un champ qui ne varie pas. Pour mesurer du continu, il faut impérativement une pince à effet Hall portant la mention AC/DC ou le symbole A⎓. C'est la première question à poser en magasin, avant même le prix.
Les 10 types de pinces ampèremétriques
| Type | Ce qu’elle mesure | Signe distinctif | Utilisateur type |
|---|---|---|---|
| Pince AC (transformateur de courant) | Courant alternatif seul | Aucune touche ZERO sur la face avant | Dépannage domestique, contrôle d’un départ de tableau |
| Pince AC/DC (effet Hall) | Alternatif et continu | Touche ZERO / REL indispensable | Automobile, photovoltaïque, batteries, variateurs |
| Pince True RMS | Valeur efficace vraie des signaux déformés | Mention TRMS sérigraphiée | Circuits à LED, alimentations à découpage, variateurs |
| Pince de courant de fuite | De quelques µA à environ 100 A | Résolution 10 µA, filtre 50/60 Hz, blindage | Chasse au déclenchement du différentiel 30 mA |
| Pince souple / Rogowski | Très forts courants, câbles gros ou déformés | Boucle souple qui se clipse, pas de mâchoire rigide | Jeux de barres, TGBT, arrivée de branchement |
| Mini-pince | Petits courants sur câbles fins | Mâchoire de 15 à 24 mm, format stylo | Armoires denses, tertiaire, domotique |
| Pince à fourche ou à mâchoire détachable | AC dans les accès impossibles | Mâchoire ouverte en U, ou séparée du boîtier | Goulottes, borniers serrés, plafonds techniques |
| Pince CVC (HVAC) | Courant, température TcK, µA d’ionisation | Entrées thermocouple et microampères continus | Frigoristes, chauffagistes, techniciens de brûleurs |
| Pince de puissance et d’harmoniques | W, VA, var, cos φ, THD, rangs harmoniques | Cordons de tension + Bluetooth ou enregistrement | Audit énergétique, qualité de réseau |
| Pince analogique | AC seul, lecture à aiguille | Cadran mécanique, pas de pile pour lire le courant | Formation, maintenance d’installations anciennes |
Point crucial et systématiquement confondu : « True RMS » et « AC/DC » ne sont pas deux niveaux de la même échelle, ce sont deux caractéristiques indépendantes. Le True RMS décrit la façon de calculer la valeur efficace d’un signal alternatif non sinusoïdal ; l’AC/DC décrit la nature du courant que le capteur sait voir. Il existe des pinces True RMS strictement AC (la Fluke 353 par exemple), et des pinces AC/DC à effet Hall dépourvues de True RMS dans les gammes économiques. Sur un chantier moderne — LED, ballasts électroniques, pompes à chaleur, bornes de recharge — une pince à valeur moyenne redressée peut se tromper de 20 à 40 % sur un courant réel. Si votre budget n’autorise qu’une seule des deux options, prenez le True RMS pour le bâtiment, et l’AC/DC pour le véhicule ou le solaire.
Les 6 caractéristiques qui font le prix
- Le principe de mesure. Une mâchoire à effet Hall coûte plus cher à fabriquer et à étalonner qu’un simple transformateur de courant. C’est le premier palier de prix, et il vaut environ 40 à 80 € de supplément à niveau de finition égal.
- Le True RMS. Il suppose une chaîne d’acquisition numérique rapide. Les pinces professionnelles françaises annoncent un convertisseur TRMS 12 bits avec un facteur de crête élevé, ce qui permet de rester juste sur un signal haché par un variateur.
- La catégorie CAT. Elle décrit la capacité de l’appareil à encaisser les surtensions transitoires selon l’endroit où on l’utilise, au sens de la norme NF EN 61010. En pratique : CAT II pour ce qui est branché sur une prise, CAT III pour le tableau et les circuits fixes du bâtiment, CAT IV pour l’arrivée, le compteur, le branchement[2]. Les vérifications imposées par la NF C 15-100 lors de la réception d’une installation neuve — continuité des conducteurs de protection, isolement, contrôle des différentiels — se font dans un environnement CAT III au minimum. Un détail que peu de gens connaissent : dans les catégories CAT III et CAT IV, la longueur de pointe de touche dénudée est limitée à 4 mm, contre 19 mm en CAT II ; les cordons doivent donc être de la même catégorie que la pince.
- L’ouverture de mâchoire. Une mini-pince à 17 mm ne passera pas sur un câble d’arrivée. Les pinces de tableau tournent autour de 30 à 34 mm, et au-delà il faut passer aux capteurs souples, qui se referment sur un jeu de barres entier.
- La résolution et le seuil bas. Une pince généraliste affiche au dixième d’ampère : elle est aveugle à une fuite de 40 mA. Une pince de courant de fuite descend à 10 µA, soit dix mille fois plus fin, et c’est précisément ce qui justifie son prix.
- Les fonctions annexes. INRUSH (courant d’appel), millivolts continus, sonde de température K, capacité, fréquence, détection de tension sans contact, mémoire, Bluetooth. La mesure de puissance et d’harmoniques fait basculer l’appareil dans une autre catégorie tarifaire — au-delà de 600 €.
Modèles et prix constatés en France
Les prix ci-dessous sont des prix indicatifs relevés début septembre 2026 chez des enseignes françaises, et ils bougent. Les distributeurs de matériel de mesure affichent en HT, les enseignes de bricolage en TTC : les deux sont indiqués quand le site les donne.
Entrée de gamme : dépannage et bricolage (30 à 70 €)
| Modèle | Prix | Ce qu’on a pour ce prix | Enseigne |
|---|---|---|---|
| Diall MS2009A | 29,90 € TTC | 600 A AC, CAT III 600 V, détecteur de tension sans contact, écran rétroéclairé | Castorama |
| Turbotech DT330 | 30,23 € TTC (25,19 € HT) | AC seul, l’appareil de secours du fourgon | materielelectrique.com |
| Turbotech TT900 | 40,63 € TTC (33,86 € HT) | AC compacte, usage occasionnel | materielelectrique.com |
| UNI-T UT210E | 49,20 € TTC (41,00 € HT) | True RMS + AC/DC 100 A, mâchoire 17 mm, CAT III 300 V | Eleshop |
| Kaiweets 0-600 A TRMS | 49,90 € TTC | AC/DC 6 000 points, touche ZERO, mâchoire 31 mm | Castorama (marketplace) |
| Imesure CP09 | 58,80 € TTC (49,00 € HT) | Mini-pince AC 200 A, pour armoires encombrées | Distrimesure |
| Schneider Electric Thorsman IMT23214 | 67,90 € TTC | 600 A AC, CAT III 600 V, continuité et diode | Castorama |
L’UT210E est le meilleur rapport fonctions/prix de cette liste : c’est la seule sous 50 € à cumuler True RMS et effet Hall. Sa limite est ailleurs — 100 A de calibre et une mâchoire de 17 mm, ce qui exclut les gros départs.
Milieu de gamme : l’outil de tous les jours (145 à 350 €)
| Modèle | Prix | Ce qu’on a pour ce prix | Enseigne |
|---|---|---|---|
| Kyoritsu KT200 | 147,84 € TTC (123,20 € HT) | AC, fabrication japonaise, robustesse de chantier | materielelectrique.com |
| Multimétrix CM610 | 177,60 € TTC (148,00 € HT) | 600 A, marque d’entrée du groupe Chauvin Arnoux | Distrimesure |
| Metrix MX0350Z | 212,00 € TTC (176,67 € HT) | Pince multimètre généraliste | materielelectrique.com |
| Kyoritsu KT203 | 217,36 € TTC (181,13 € HT) | AC, affichage large | materielelectrique.com |
| Multimétrix CM605 | 271,08 € TTC (225,90 € HT) | AC/DC 100 A à effet Hall | Distrimesure |
| Multimétrix CM625 | 278,40 € TTC (232,00 € HT) | Pince multimètre numérique complète | Distrimesure |
| Metrix MX0650-Z | 307,63 € TTC (256,36 € HT) | Gamme supérieure Metrix | materielelectrique.com |
| Chauvin Arnoux F203 | 339,61 € TTC (283,01 € HT) | 600 A AC / 900 A DC, TRMS 12 bits, CAT IV 600 V, mâchoire 34 mm, IP54, chute 2 m | materielelectrique.com |
La F203 est la pince que l’on croise le plus souvent dans la caisse d’un électricien français équipé sérieusement. Chez Matériel de Pro, la même référence avec sonde de température est affichée 345,29 € TTC. Elle coche tout : True RMS, AC/DC, CAT IV 600 V, et une mâchoire de 34 mm qui passe sur la quasi-totalité des câbles d’un tableau résidentiel ou tertiaire.
Gamme professionnelle et spécialisée (400 à 1 560 €)
| Modèle | Prix | Ce qu’on a pour ce prix | Enseigne |
|---|---|---|---|
| Chauvin Arnoux F205 (P01120925) | 410,00 € TTC (341,67 € HT) | Version enrichie de la F203 | materielelectrique.com |
| Metrix MX0655-Z | 420,19 € TTC (350,16 € HT) | Pince multimètre haut de gamme Metrix | materielelectrique.com |
| Fluke 365 | 519,60 € TTC (433,00 € HT) | Mâchoire détachable au bout d’un cordon souple, 200 A AC/DC, CAT III 600 V, lampe intégrée | Distrimesure |
| Chauvin Arnoux F407 | 604,13 € TTC (503,44 € HT) | 1 000 A AC / 1 500 A DC, puissances W/VA/var, harmoniques jusqu’au rang 25, TrueInrush, Bluetooth, IP54 | materielelectrique.com |
| Fluke 353 | 1 159,20 € TTC (966,00 € HT) | TRMS 2 000 A, gros calibres industriels | Distrimesure |
| Fluke 355 | 1 557,60 € TTC (1 298,00 € HT) | TRMS 2 000 A, la référence des fortes intensités | Distrimesure |
La Fluke 365 mérite un mot : sa mâchoire se détache du boîtier et reste reliée par un cordon souple. Dans un coffret où l’on ne peut ni voir l’écran ni glisser la main, c’est la seule façon de lire la valeur.
Pinces de courant de fuite (485 à 2 690 €)
C’est la famille la plus mal comprise. Elle sert à une question précise : pourquoi mon différentiel 30 mA déclenche-t-il tout seul ? La norme produit autorise un dispositif différentiel de 30 mA à déclencher dès la moitié de son calibre, soit 15 mA ; en pratique, dès qu’une somme de fuites dépasse 10 mA sur un départ, le déclenchement intempestif devient probable. Aucune pince généraliste ne voit ces courants-là.
| Modèle | Prix | Ce qu’on a pour ce prix | Enseigne |
|---|---|---|---|
| Kyoritsu K2431 | 485,32 € TTC (404,43 € HT) | 20 / 200 mA / 200 A AC, résolution 0,01 mA, mâchoire 24 mm | materielelectrique.com |
| Chauvin Arnoux F65 | 613,20 € TTC (511,00 € HT) | 30 µA à 100 A AC, résolution 10 µA, 10 000 points, filtre anti-harmonique 50/60 Hz, immunité aux parasites 70 dB, CAT III 300 V | Distrimesure |
| Amprobe DGC-1000A | 2 688,00 € TTC (2 240,00 € HT) | Mesure de boucle de terre et courants de fuite, sans piquet | Distrimesure |
La F65 est affichée à 496,36 € TTC chez Matériel de Pro en promotion ; l’écart entre distributeurs est réel, comparez avant d’acheter. Son argument technique décisif est l’immunité de 70 dB aux courants parasites : dans un tableau où passent des dizaines de câbles, une pince ordinaire capte le champ des voisins et rend la mesure du milliampère impossible.
Capteurs souples et sondes sans afficheur (117 à 1 181 €)
Ces éléments ne s’utilisent pas seuls : ils se branchent sur un multimètre, un oscilloscope ou un analyseur de réseau.
| Modèle | Prix | Usage | Enseigne |
|---|---|---|---|
| Chauvin Arnoux MINI 05 (100 A) | 117,04 € TTC (97,53 € HT) | Sonde compacte pour multimètre | Comptoir des Pros |
| Chauvin Arnoux MN09 (200 A) | 169,96 € TTC (141,63 € HT) | Sonde de courant classique | Comptoir des Pros |
| Chauvin Arnoux MiniFlex MA193-350 | 290,70 € TTC (242,25 € HT) | Boucle souple Ø 100 mm, 100 mA à 10 kA AC | Distrimesure |
| Fluke i400 | 325,20 € TTC (271,00 € HT) | Sonde de courant AC | Distrimesure |
| Chauvin Arnoux AmpFlex A193-450 | 340,80 € TTC (284,00 € HT) | Rogowski 100 mA à 10 kA AC, CAT IV 600 V, se referme sur un jeu de barres | Distrimesure |
| Fluke i410 | 536,40 € TTC (447,00 € HT) | Sonde à effet Hall AC/DC | Distrimesure |
| Fluke i30s | 1 180,80 € TTC (984,00 € HT) | 20 A AC/DC haute sensibilité, mesures fines en électronique | Distrimesure |
Comment utiliser une pince ampèremétrique : les 7 gestes
- 1Sélectionner la bonne fonction et le bon calibre. A~ pour l'alternatif, A⎓ pour le continu. Jamais la position tension : on ne mesure pas un courant avec les cordons. En calibre manuel, partir du calibre le plus haut et descendre.
- 2En continu, faire le ZERO. Mâchoire fermée, à vide, loin de tout câble : appuyer sur ZERO ou REL. C'est ce geste qui compense la dérive du capteur Hall et le champ magnétique terrestre. À refaire à chaque changement de calibre et après un déplacement dans le bâtiment.
- 3N'enserrer qu'un seul conducteur. C'est la règle qui décide de tout. Si vous prenez le câble souple complet — phase et neutre ensemble — les deux courants sont égaux et opposés, leurs champs magnétiques s'annulent, et la pince affiche zéro sur un circuit pourtant chargé[[1]](https://fr.wikipedia.org/wiki/Pince_amp%C3%A8rem%C3%A9trique). Il faut donc dénuder la gaine, isoler la phase, ou aller chercher le conducteur sur le bornier du disjoncteur.
- 4Fermer complètement la mâchoire et centrer le fil. Un entrefer résiduel — un brin de gaine coincé, une charnière encrassée — fait chuter la lecture. Un conducteur collé contre le bord de la mâchoire au lieu du centre introduit une erreur de plusieurs pour cent.
- 5S'écarter des conducteurs voisins. Dans un tableau, les câbles parallèles rayonnent aussi. Tirer légèrement le fil mesuré hors du faisceau, et se tenir à distance des transformateurs, ballasts et moteurs.
- 6Pour un courant de fuite, faire exactement l'inverse. On englobe phase + neutre ensemble (et les trois phases + neutre en triphasé). Ce que la pince lit alors n'est plus le courant de charge — il s'est annulé — mais la différence, c'est-à-dire le courant qui part à la terre. Sur un départ sain, on attend quelques milliampères.
- 7Sur un moteur ou un compresseur, passer en mode INRUSH. Le courant de démarrage atteint couramment 5 à 8 fois le courant nominal pendant quelques dizaines de millisecondes. Un affichage normal, qui moyenne, ne le verra jamais ; le mode INRUSH déclenche une capture rapide et fige la pointe.
Les 6 erreurs qui faussent la mesure
- Enserrer le câble entier au lieu d’un seul conducteur. Lecture nulle ou aberrante. Numéro un des appels au service après-vente, alors que l’appareil fonctionne parfaitement.
- Attendre du continu d’une pince alternatif. Sur une batterie de servitude, une chaîne photovoltaïque ou un moteur DC, une pince CT restera à zéro quel que soit le courant réel.
- Oublier le ZERO sur une pince à effet Hall. Une dérive de 0,5 à 2 A n’est pas rare, ce qui est catastrophique quand on cherche à mesurer 3 A.
- Mâchoire mal refermée ou conducteur excentré. Vérifiez que les deux demi-noyaux se rejoignent franchement, sans jeu ni corps étranger.
- Confondre True RMS et AC/DC. Une pince TRMS ne verra toujours pas le continu ; une pince AC/DC bas de gamme se trompera toujours sur un signal haché.
- Ignorer la catégorie et le seuil bas. Mesurer dans un tableau avec un appareil CAT II est une prise de risque directe ; chercher une fuite de 30 mA avec une pince qui affiche au dixième d’ampère est simplement impossible.
Pince ampèremétrique ou multimètre : que choisir
| Critère | Pince ampèremétrique | Multimètre classique |
|---|---|---|
| Mesure du courant | Sans contact, circuit maintenu en service | En série, circuit obligatoirement ouvert |
| Plage de courant | 100 A, 600 A, 1 000 A, jusqu’à 2 000 A et plus | Limitée par le fusible interne : 10 A en général |
| Sensibilité en milliampères | Faible, sauf modèle dédié courant de fuite | Excellente, jusqu’au microampère sur l’entrée µA |
| Résistance, capacité, diode | Présentes mais souvent simplifiées | Cœur de métier, gammes plus étendues |
| Rapidité sur le terrain | Quelques secondes, une seule main, gants possibles | Consignation, dépose, remontage |
En résumé : la pince gagne dès qu’il s’agit d’intensité sur une installation en service, le multimètre garde l’avantage sur les petits signaux et les mesures fines. Les électriciens équipés sérieusement possèdent les deux, et beaucoup de pinces modernes intègrent d’ailleurs toutes les fonctions d’un multimètre — d’où le nom commercial de « pince multimètre ».
Les marques qui comptent sur le marché français
Chauvin Arnoux. Le constructeur historique, inventeur de la pince, fabrication en France. Gamme F203 / F205 / F407 / F607 pour les pinces multimètres, F65 pour le courant de fuite, sondes MN et boucles souples AmpFlex et MiniFlex. C’est la marque que l’on retrouve dans les cahiers des charges des donneurs d’ordre français et chez tous les grossistes en matériel électrique.
Metrix. Marque du même groupe, positionnée sur l’instrumentation d’atelier et de laboratoire. Les références MX0350Z, MX0650-Z et MX0655-Z couvrent la tranche 175 à 420 € TTC et se trouvent chez les grossistes généralistes.
Multimétrix. La marque d’accès du groupe Chauvin Arnoux, destinée aux installateurs qui veulent du sérieux sans le tarif de la gamme haute. Les CM605, CM610 et CM625 tiennent la tranche 175 à 280 € TTC.
Fluke. Américaine, mais tellement bien distribuée en France — RS, Farnell, Rexel, Distrimesure — qu’elle fait figure de standard de fait dans l’industrie et la maintenance. Les 353 et 355 sur les fortes intensités, la 365 sur les accès difficiles, la 902 FC en génie climatique.
Facom. Attention à un malentendu fréquent : les références Facom 711A.P500 et 720.P1500PB ne sont pas des pinces autonomes, ce sont des sondes de courant qui se branchent sur les multimètres Facom 711, 711A, 714 et 714A. Excellentes en automobile, mais il faut le multimètre correspondant.
Catu. Le spécialiste ardennais de la sécurité électrique — gants isolants, perches, vérificateurs d’absence de tension — propose aussi des pinces numériques comme la MX-702 (0,01 à 1 000 A AC, tension AC/DC, résistance). On la rencontre surtout dans les lots d’outillage normalisés des entreprises de distribution d’énergie.
Kyoritsu et UNI-T. Kyoritsu (Japon) est très présente chez les grossistes français avec les KT200, KT203 et la K2431 pour les courants de fuite. UNI-T (Chine) occupe le segment de l’entrée de gamme technique, avec l’UT210E comme best-seller absolu sous 50 €.
Ce qu’il faut vérifier avant d’acheter
- AC seul ou AC/DC ? Photovoltaïque, batteries, automobile, variateurs : effet Hall obligatoire.
- True RMS ou non ? Dès qu’il y a de l’électronique de puissance sur le circuit, c’est indispensable.
- Catégorie CAT et tension assignée. CAT III 600 V est le minimum pour intervenir dans un tableau ; CAT IV 600 V pour toucher à l’arrivée.
- Ouverture de mâchoire. 17 mm suffit en tertiaire, 30 à 34 mm en résidentiel et industriel léger, boucle souple au-delà.
- Seuil bas et résolution. Une pince qui affiche 0,1 A ne remplacera jamais une pince de fuite à 10 µA.
- Fonction INRUSH si vous intervenez sur des moteurs, compresseurs ou pompes à chaleur.
- Fonctions annexes utiles à votre métier : sonde K et microampères d’ionisation en génie climatique, millivolts continus en automobile, capacité pour les condensateurs de démarrage.
- Cordons et pointes de touche de la même catégorie que l’appareil, avec 4 mm de dénudé maximum en CAT III et CAT IV.
- Disponibilité du service après-vente et de l’étalonnage en France. C’est ce qui sépare une marque distribuée d’une marque simplement importée.
Questions fréquentes
Comment fonctionne une pince ampèremétrique ? Elle mesure le champ magnétique créé autour d’un conducteur par le courant qui le traverse : la mâchoire canalise ce champ vers un capteur, sans aucun contact électrique et sans ouvrir le circuit.
Peut-on mesurer du courant continu avec une pince ampèremétrique ? Seulement avec une pince à effet Hall marquée AC/DC. Une pince à transformateur de courant, marquée A~ uniquement, affichera zéro sur du continu, quel que soit le courant réel.
Pourquoi ma pince ampèremétrique affiche 0 ? Dans la grande majorité des cas parce que vous avez enserré le câble entier : la phase et le neutre transportent des courants égaux et opposés dont les champs s’annulent. Reprenez la mesure sur un seul conducteur.
Quelle est la différence entre True RMS et AC/DC ? Ce sont deux caractéristiques indépendantes. Le True RMS calcule correctement la valeur efficace d’un signal alternatif déformé ; l’AC/DC désigne la capacité du capteur à voir aussi le courant continu. Une pince peut avoir l’une, l’autre, les deux ou aucune.
Quel prix pour une bonne pince ampèremétrique ? Comptez 30 à 70 € pour un usage domestique en alternatif, 150 à 350 € pour une pince d’électricien True RMS, et environ 340 € TTC pour une Chauvin Arnoux F203 CAT IV 600 V, qui couvre pratiquement tous les besoins du bâtiment.
Comment mesurer un courant de fuite avec une pince ampèremétrique ? En englobant phase et neutre ensemble — l’inverse exact de la mesure normale. La pince lit alors la différence entre les deux, c’est-à-dire le courant qui s’échappe vers la terre. Il faut un modèle dédié, à résolution de l’ordre du microampère.
Que signifie CAT III 600 V sur une pince ? Que l’appareil est conçu pour supporter les surtensions transitoires des circuits fixes d’un bâtiment — tableau, canalisations, moteurs — jusqu’à 600 V par rapport à la terre. Pour l’arrivée du réseau et le comptage, il faut du CAT IV.
Une pince ampèremétrique peut-elle remplacer un multimètre ? Presque, pour un électricien du bâtiment : les pinces multimètres mesurent tension, résistance, continuité, capacité et fréquence. Elle ne remplace pas un multimètre pour les très faibles courants ni pour les mesures d’électronique fine.
Comment mesurer l’intensité au démarrage d’un moteur ? Avec la fonction INRUSH, qui capture la pointe de démarrage sur quelques dizaines de millisecondes. Sans elle, l’affichage moyenné ne montrera rien de l’appel de courant, qui vaut pourtant 5 à 8 fois le courant nominal.
Peut-on mesurer la consommation en watts avec une pince ? Uniquement avec une pince wattmétrique équipée de cordons de tension, comme la Chauvin Arnoux F407 ou la F607. Une pince ordinaire ne donne que l’intensité ; multiplier bêtement par 230 V ignore le facteur de puissance et surestime la consommation.
Faut-il étalonner sa pince ampèremétrique ? Pour un usage personnel, non. Pour un professionnel dont les mesures figurent dans un rapport de contrôle ou un procès-verbal, un étalonnage périodique — généralement annuel — est demandé, et la plupart des distributeurs français proposent ce service avec certificat.
Quelle pince choisir pour le photovoltaïque ? Impérativement une pince AC/DC à effet Hall, avec une tension assignée d’au moins 1 000 V continu côté chaînes, et une fonction ZERO fiable. La F203 de Chauvin Arnoux (900 A DC, CAT IV 600 V) et la Fluke 365 figurent parmi les choix courants sur ce marché.
Sources
- Pince ampèremétrique — Wikipédia
- Comprendre les catégories de mesure des appareils (CAT I à CAT IV)
- Distrimesure — Pinces ampèremétriques, pinces et capteurs de courant
- Matériel Électrique — Pinces ampèremétriques
- Castorama — Pince ampèremétrique Diall MS2009A
- Distrimesure — Pince multimètre à courant de fuite Chauvin Arnoux F65