Santé

Analyse de selles : comment recueillir un échantillon

Compilé et vérifié à partir des sources citées, revu par notre équipe éditoriale. · Dernière mise à jour:

Le plus difficile dans une analyse de selles ne se passe pas au laboratoire, mais dans votre salle de bain. On vous remet un petit pot à vis sans la moindre notice, et vous voilà à vous demander quelle quantité mettre, si vous pouvez prélever dans la cuvette, et si l’échantillon de ce matin sera encore valable ce soir.

Réponse courte : une quantité de la taille d’une noix, soit environ une cuillère à café, remplissant à peu près le tiers du pot. Rien d’autre ne doit y entrer : ni urine, ni eau de la cuvette, ni papier toilette, ni savon, ni produit d’entretien. On ne remplit pas le pot à ras bord, et l’échantillon doit arriver au laboratoire en une à deux heures si possible. Un prélèvement qui enfreint ces quatre règles est soit refusé, soit rendu inexploitable — dans les deux cas, il faut tout recommencer.

Vous trouverez ci-dessous les étapes du recueil, la quantité exigée par chaque examen, les durées de conservation réelles, la méthode chez le nourrisson, les délais de résultats et l’interprétation des valeurs.

🧪 L'essentiel
QuantitéUn tiers du pot · taille d'une noix · ~1 cuillère à café (5 g)
Selles liquides5 à 10 ml, sans dépasser le tiers du pot
À exclure absolumentUrine · eau des toilettes · papier · savon · désinfectant
Délai d'acheminement1 à 2 heures ; selles liquides pour parasites : 30 minutes
En cas de retardRéfrigérateur +2 à +8 °C — jamais le congélateur
À jeun ?Non, mangez normalement
Délai après traitement7 à 10 jours après antibiotiques · 2 semaines après baryte
Dépistage50-74 ans, test tous les 2 ans, pris en charge à 100 %

Ce qu’on appelle « analyse de selles »

Selles, matières fécales, coprologie : sur l’ordonnance et le compte rendu, les mots changent mais la demande est la même — des selles fraîches recueillies dans un pot propre et hermétique.

Ce qui varie beaucoup plus, c’est l’examen pratiqué. « Analyse de selles » ne désigne pas un test unique mais toute une famille d’examens réalisés à partir du même prélèvement, et les conditions de préparation comme la quantité nécessaire dépendent de celui que votre médecin a prescrit. Vérifiez-le avant de commencer : un échantillon parfaitement recueilli pour une coproculture peut être inutilisable pour un examen parasitologique.

Dans quels cas l’examen est-il prescrit ?

  • Diarrhée durant plus de trois jours ou récidivante
  • Sang, glaires ou pus visibles dans les selles
  • Selles noires et goudronneuses, ou à l’inverse décolorées, couleur mastic
  • Douleurs abdominales, ballonnements, gaz importants, nausées persistantes
  • Amaigrissement inexpliqué, fatigue, anémie découverte à la prise de sang
  • Troubles digestifs apparus après un voyage ou un repas collectif
  • Chez l’enfant : agitation nocturne, démangeaisons anales, cassure de la courbe de poids
  • Dépistage du cancer colorectal, même sans aucun symptôme

Les examens réalisés à partir d’un même prélèvement

ExamenCe qu’il rechercheSituation habituelle
Examen parasitologique des selles (EPS)Parasites, œufs, amibes, leucocytesDiarrhée, douleurs, démangeaisons
CoprocultureSalmonelles, shigelles, campylobacter, E. coliDiarrhée sanglante ou fébrile, toxi-infection
Test immunologique / sang occulteSaignement invisible à l’œil nuDépistage colorectal, anémie
Calprotectine fécaleIntensité de l’inflammation intestinaleDistinguer MICI et côlon irritable
Élastase fécale-1Production d’enzymes par le pancréasSelles grasses, flottantes, très malodorantes
Stéatorrhée (recueil de 72 h)Malabsorption des graissesSuspicion de maladie cœliaque, pancréatite chronique
pH et substances réductricesMalabsorption des sucresSelles mousseuses et acides du nourrisson
Antigènes rotavirus / adénovirusVirus responsables de diarrhéesVomissements et diarrhée brutaux chez l’enfant
Toxine de C. difficileColite post-antibiotiqueDiarrhée pendant ou après une antibiothérapie
Antigène H. pyloriBactérie gastriqueDouleurs gastriques, suivi d’ulcère

Plusieurs de ces examens peuvent être faits sur un seul pot, mais coproculture, parasitologie et calprotectine exigent des conditions de conservation différentes. C’est pourquoi le laboratoire vous remet parfois deux récipients. Lisez les étiquettes : ils ne sont pas interchangeables.

Recueillir des selles : étape par étape

  1. Étape 1
    Urinez d'abord. La présence d'urine est la première cause de refus d'un prélèvement : elle dilue l'échantillon et fausse aussi bien l'examen microscopique que la recherche de sang.
  2. Étape 2
    Placez un dispositif de recueil dans la cuvette. Le plus simple : tendre un film alimentaire sous la lunette, en laissant un léger creux au centre. Une feuille de journal, une barquette jetable propre ou un dispositif de recueil vendu en pharmacie conviennent aussi. Le but : que les selles ne touchent jamais l'eau.
  3. Étape 3
    Enfilez des gants et préparez le pot. La plupart des pots à coproculture possèdent une petite spatule solidaire du bouchon — sortez-la avant.
  4. Étape 4
    Prélevez à plusieurs endroits. Pas une seule cuillerée au centre. Si une partie paraît sanglante, glaireuse, liquide ou décolorée, prélevez-en aussi. Les parasites et les bactéries ne se répartissent pas uniformément : ce que le microscope doit voir peut se trouver précisément dans la zone évitée.
  5. Étape 5
    Remplissez le tiers du pot. Une noix, environ une cuillère à café. Pour des selles liquides, 5 à 10 ml. Ne remplissez pas à ras bord : un pot trop plein fuit par le bouchon, et un pot qui fuit devient un déchet biologique, pas un échantillon.
  6. Étape 6
    Vissez fermement et essuyez l'extérieur. Nettoyez les traces sur le pot avec un papier humide, puis placez-le dans un sachet.
  7. Étape 7
    Étiquetez. Nom, prénom, date de naissance, date et heure du recueil. L'heure est déterminante : le laboratoire s'en sert pour décider quels examens restent réalisables.
  8. Étape 8
    Jetez correctement le reste. Film, papier et gants dans un sac fermé, à la poubelle — jamais dans les toilettes.
  9. Étape 9
    Lavez-vous les mains au savon pendant 20 secondes au moins. La plupart des infections digestives se transmettent par voie féco-orale ; c'est cette étape qui protège le reste du foyer.
🚫

Ne prélevez jamais dans la cuvette. L'eau des toilettes dilue l'échantillon et y apporte des amibes libres et des germes d'environnement qui brouillent totalement l'analyse. Même chose pour tout ce qui contient du savon ou de l'eau de Javel : les résidus détruisent précisément les bactéries que la coproculture cherche à faire pousser, et le compte rendu revient faussement rassurant.

Quelle quantité de selles selon l’examen ?

La taille du pot est trompeuse. Les pots standard contiennent 30 à 60 ml, et aucun examen ne demande de les remplir.

ExamenQuantité attendueRemarque
Parasitologie / microscopieTaille d’une noix, ~1 cuillère à café5 à 10 ml si liquide
CoprocultureNoisette à noixSi milieu de transport fourni, jusqu’au trait
Test immunologique (sang occulte)Seulement les rainures de la tigeAucune selle directement dans le tube
Calprotectine1 à 2 g (noisette)Certains kits ont une tige de prélèvement
Stéatorrhée (72 h)La totalité des selles de 3 joursLe laboratoire fournit un grand récipient
Chez le nourrissonUne cuillère à café prise dans la coucheDans la partie non absorbée par le gel

Seule exception à la règle du tiers : le recueil de 72 heures, où l’on conserve au frais l’intégralité des selles de trois jours. Si votre récipient porte un trait de remplissage, ce trait prime sur toute règle générale.

Le test immunologique fonctionne autrement

Le kit de dépistage du cancer colorectal n’est pas un pot à spatule : c’est un tube fin contenant un liquide de conservation, avec une tige rainurée fixée au bouchon.

  1. Recueillez les selles sur un film alimentaire ou dans un récipient sec ; aucun contact avec l’eau.
  2. Piquez la tige dans trois à six endroits différents ; il suffit que les rainures soient remplies, n’en tartinez pas.
  3. Replacez la tige dans le tube et vissez jusqu’au clic ; l’excédent est raclé au passage.
  4. Retournez le tube plusieurs fois et inscrivez la date.

Grand avantage : aucun régime préalable n’est nécessaire. Les anciens tests au gaïac imposaient trois jours sans viande rouge, raifort, brocolis ni vitamine C. Le test immunologique ne réagit qu’à l’hémoglobine humaine, ces contraintes ont donc disparu.

⚠️

Reportez la recherche de sang dans trois situations : pendant les règles et les trois jours qui suivent, en cas d'hémorroïdes qui saignent activement, et en présence de sang visible dans les urines. Ces trois cas donnent des faux positifs et conduisent à des coloscopies inutiles. L'inverse est vrai aussi : avoir des hémorroïdes n'explique pas un test positif. Un résultat positif est exploré dans tous les cas.

Combien de temps un échantillon se conserve-t-il ?

La règle tient en un mot : fraîcheur. Un prélèvement arrivé au laboratoire en une à deux heures convient à tous les examens. Sinon, voici les limites.

ExamenÀ température ambianteAu réfrigérateur (+2 à +8 °C)
Parasites dans selles liquides (trophozoïtes amibiens)30 minutesInadapté — apportez immédiatement
Parasites dans selles molles1 heureLe jour même seulement
Œufs de parasites, selles moulées2 heures24 heures
Coproculture2 heures24 heures (davantage en milieu de transport)
Tube du test immunologique24 à 72 h selon le fabricantÀ privilégier par forte chaleur
Calprotectine2 à 4 heuresJusqu’à 3 jours
❄️

Pas de congélateur. Si une coproculture est demandée, la congélation tue justement les bactéries que l'on cherche à cultiver et le résultat revient faussement « absence de germe ». On ne congèle que sur consigne explicite du laboratoire, pour certains examens moléculaires.

Pendant le transport, glissez le pot dans un sachet, évitez le soleil direct et ne le laissez jamais dans une voiture garée. En été, l’habitacle dépasse 50 °C en une heure : de quoi modifier la flore bactérienne et dégrader le dosage de calprotectine.

Préparation : alimentation, jeûne, médicaments

Il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Ce n’est pas une prise de sang ; manger normalement ne change rien. En revanche, ces éléments faussent l’examen :

  • Antibiotiques : attendre 7 à 10 jours après la dernière prise avant une coproculture ou un EPS. Sous antibiotique, rien ne pousse : le résultat paraît propre et les troubles persistent.
  • Antiparasitaires (métronidazole, albendazole, etc.) : mêmes 7 à 10 jours.
  • Examens avec baryte (lavement baryté, transit) : deux semaines. Les cristaux de baryum masquent tout au microscope.
  • Pansements gastriques au bismuth, huile de paraffine, laxatifs, antidiarrhéiques : 7 à 10 jours.
  • Antiacides : 3 à 7 jours.
  • Lavements et solutions de préparation colique : pas de prélèvement après — des selles lavées ne conviennent ni à la culture ni à la parasitologie.

Signalez au médecin prescripteur tous vos médicaments et compléments. Si l’arrêt est risqué pour vous, il adaptera la prescription : n’interrompez jamais un traitement de votre propre initiative.

Recueil chez le bébé et le jeune enfant

Chez le nourrisson, le prélèvement se fait directement dans la couche, mais trois détails décident de sa validité :

  • Éviter le mélange avec l’urine. Prélevez au centre des selles, pas dans la zone mouillée, et vérifiez la couche souvent pour recueillir du frais.
  • Fuir le gel absorbant. Les couches modernes aspirent le liquide ; une fois les selles liquides absorbées, la parasitologie et le pH deviennent impossibles. Si vous attendez des selles molles, retournez la couche face plastique contre la peau ou glissez-y un morceau de film alimentaire.
  • L’astuce du film — un carré de la taille d’une paume dans la couche — garde l’échantillon propre et en préserve la quantité.

Chez l’enfant propre, on applique la méthode de l’adulte. Si un pot de toilette est utilisé, il doit être lavé puis soigneusement rincé : un reste de détergent rend le prélèvement inutilisable.

En cas de suspicion d’oxyures, l’examen adapté n’est pas une analyse de selles mais le scotch-test : un ruban adhésif transparent appliqué le matin sur la marge anale, avant toilette et avant la selle.

Combien de prélèvements faut-il ?

Un seul suffit le plus souvent — sauf dans trois cas.

  • Examen parasitologique : les parasites sont éliminés de façon intermittente, un prélèvement unique passe souvent à côté. La règle est de trois prélèvements à des jours différents, un jour sur deux, sur une période de 10 jours.
  • Stéatorrhée : recueil complet de 72 heures avec une alimentation normale apportant environ 100 g de lipides par jour. Manger allégé pendant le recueil fait passer un résultat pathologique pour normal.
  • Diarrhée du voyageur persistante : le germe apparaissant par intermittence, plusieurs prélèvements étalés sur 7 à 10 jours peuvent être demandés.

En cas de suspicion d’amibiase, il est particulièrement important que le premier prélèvement parvienne frais, encore tiède : la forme mobile (trophozoïte) se désintègre en refroidissant et seuls les kystes restent visibles. L’évolution de cette maladie et son traitement sont détaillés dans notre article sur les signes et le traitement de la dysenterie amibienne.

Délais de résultats

ExamenDélai
Examen microscopiqueLe jour même - 24 heures
Test immunologique / sang occulteLe jour même - 24 heures
Calprotectine1 à 3 jours
Coproculture48 à 72 heures (3 à 4 jours si germe)
Antibiogramme (culture positive)Un jour supplémentaire
Stéatorrhée (72 h)2 à 3 jours après la fin du recueil
Antigène H. pylori1 à 2 jours

La coproculture est lente parce qu’on attend réellement la pousse : l’échantillon est ensemencé sur milieux sélectifs, incubé environ 48 heures à 35-37 °C, puis les colonies obtenues sont identifiées et, si besoin, testées face aux antibiotiques. C’est la réponse à « pourquoi mon résultat met-il une semaine ? ».

Lire le compte rendu : valeurs normales

Ces valeurs sont indicatives. Chaque laboratoire imprime son propre intervalle de référence à côté de votre résultat : c’est celui-là qui fait foi.

ParamètreNormalCe qu’une anomalie peut évoquer
CouleurNuances de brunNoir : hémorragie digestive haute · Mastic : obstacle biliaire
ConsistanceMolle, mouléeLiquide : diarrhée · Petites billes dures : constipation
pH~6,0 à 7,9Sous 5,5 : malabsorption des glucides ou du lactose
Sang occulteNégatifPositif : source de saignement — coloscopie nécessaire
LeucocytesAbsents ou raresPrésents : infection invasive, inflammatoire
Parasites et œufsAbsentsPrésents : parasitose
CoprocultureFlore normaleGerme pathogène : infection bactérienne
CalprotectineMoins de 50 µg/g50-150 : limite, contrôle à 4-6 semaines · Plus de 150 : inflammation active
Élastase fécale-1Plus de 200 µg/g100-200 : insuffisance légère à modérée · Moins de 100 : sévère
Graisses fécales2 à 7 g/24 hPlus de 7 g : malabsorption
Substances réductricesNégatifPositif : malabsorption des glucides

Une réserve mérite d’être répétée : une valeur anormale isolée ne constitue pas un diagnostic. La calprotectine monte aussi sous anti-inflammatoires (AINS) ; un test de sang occulte peut se positiver après du sang dégluti lors d’un saignement de nez. Le résultat se lit avec vos symptômes, l’examen clinique et les autres bilans.

Ce que disent la couleur et la consistance

La consistance est cotée dans le monde entier sur l’échelle de Bristol : les types 1-2, durs et fragmentés, signent la constipation ; les types 3-4 sont l’idéal ; les types 5-7, de plus en plus mous puis liquides, traduisent un transit accéléré ou une diarrhée. Un compte rendu mentionnant « type 6 » se réfère à cette échelle.

Côté couleur :

  • Noires et goudronneuses : possible saignement de l’estomac ou de l’intestin grêle — à faire évaluer rapidement. Le fer, les pansements au bismuth et de grandes quantités de myrtilles noircissent aussi les selles ; signalez vos prises.
  • Rouge vif : saignement du côlon, du rectum ou d’hémorroïdes. La betterave et le jus de tomate peuvent l’imiter.
  • Décolorées, couleur mastic : la bile n’atteint pas l’intestin — obstacle sur les voies biliaires.
  • Jaunes, grasses, flottantes, très malodorantes : les graisses ne sont pas absorbées — maladie cœliaque, insuffisance pancréatique, giardiase.
  • Vertes : généralement banal ; transit rapide ou beaucoup de légumes verts.
  • Recouvertes de glaires : irritation de la muqueuse, par inflammation ou infection.

Dépistage du cancer colorectal : qui reçoit un kit ?

Le dépistage organisé s’adresse aux femmes et aux hommes de 50 à 74 ans, avec un test immunologique tous les deux ans. Le kit est remis par le médecin traitant, peut être commandé en ligne et, depuis 2024, être retiré gratuitement en pharmacie ; le prélèvement se fait à domicile et s’envoie par la poste au laboratoire, sans frais ni avance.

Pourquoi c’est important : le cancer colorectal évolue des années à l’état de polype sans donner le moindre symptôme. Ce qu’un test immunologique détecte souvent, ce n’est pas le cancer mais un polype qu’on retire avant qu’il n’en devienne un.

Ailleurs, les bornes diffèrent un peu : l’Angleterre envoie un kit par la poste aux 50-74 ans tous les deux ans, les États-Unis débutent le dépistage à 45 ans, l’Allemagne propose un test immunologique gratuit tous les deux ans dès 50 ans.

Pourquoi un résultat est-il faussé ?

Quand le laboratoire réclame un nouveau prélèvement, ou quand le traitement ne change rien, la cause est presque toujours l’une de ces huit :

  1. Urine mélangée à l’échantillon
  2. Prélèvement fait dans la cuvette
  3. Pot rempli à ras bord et qui fuit
  4. Échantillon resté des heures à température ambiante
  5. Coproculture réalisée sous antibiotique
  6. Parasitologie faite peu après un examen baryté
  7. Un seul prélèvement pour un examen parasitologique
  8. Recherche de sang faite pendant les règles ou avec des hémorroïdes qui saignent

Ces huit points se jouent au moment du recueil, c’est-à-dire entre vos mains. Relire cette liste le jour où l’on rapporte le pot chez soi évite de tout refaire.

Où faire l’examen, quel remboursement ?

Le prélèvement se fait à domicile et se dépose dans n’importe quel laboratoire de biologie médicale ; certains services hospitaliers le recueillent aussi sur place. Sur prescription, l’analyse est prise en charge par l’Assurance Maladie dans les conditions habituelles, et le test de dépistage colorectal l’est à 100 % sans avance de frais. Hors prescription, les tarifs varient beaucoup selon l’examen : un examen microscopique simple est peu coûteux, la calprotectine et les panels moléculaires nettement plus. Demandez toujours quel examen exactement est prescrit — derrière « analyse de selles » se cachent des actes au prix dix fois différent.

Questions fréquentes

Faut-il être à jeun pour une analyse de selles ? Non. Mangez normalement. La seule règle alimentaire concerne le recueil de 72 heures, où l’apport en graisses est fixé par le médecin.

Quelle quantité de selles faut-il pour l’analyse ? L’équivalent d’une noix, environ une cuillère à café (5 g), ou 5 à 10 ml si les selles sont liquides. Pas plus du tiers du pot.

Faut-il remplir le pot entièrement ? Non, au contraire. Un pot trop plein fuit par le bouchon, se salit à l’extérieur et peut être refusé par le laboratoire.

Puis-je recueillir les selles la veille au soir ? Pour la coproculture et la calprotectine, généralement oui si le pot est conservé entre +2 et +8 °C. Pour la parasitologie, non : il faut un prélèvement frais du matin.

Peut-on faire l’examen pendant les règles ? Microscopie et coproculture, oui. La recherche de sang occulte doit attendre trois jours après la fin des saignements.

Que se passe-t-il si du papier toilette tombe dans le pot ? Les fibres gênent l’examen microscopique et certains papiers peuvent perturber la recherche de sang : il faut refaire le prélèvement.

Les tests vendus en pharmacie sont-ils fiables ? Les tests immunologiques sont fiables s’ils sont bien utilisés, mais ils montrent seulement qu’il y a saignement. Un résultat positif doit toujours être confié au médecin et exploré par coloscopie.

En combien de temps a-t-on les résultats ? Microscopie et test immunologique le jour même, calprotectine en 1 à 3 jours, coproculture en 48 à 72 heures, un jour de plus avec antibiogramme.

Peut-on congeler un échantillon de selles ? Jamais pour une coproculture : la congélation tue les bactéries et donne un faux négatif. On ne congèle que sur consigne expresse du laboratoire.

Sources

  1. Institut national du cancer — Le test immunologique en images
  2. Assurance Maladie (ameli.fr) — Le dépistage organisé du cancer colorectal
  3. NHS — How to collect a sample of poo (stool sample)
  4. Memorial Sloan Kettering Cancer Center — How to Collect a Stool Sample Using a Stool Collection Kit
  5. Medscape — Stool Ova and Parasite Test : recueil et interprétation

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Du sang visible dans les selles, une diarrhée de plus de trois jours, des douleurs abdominales avec fièvre et un amaigrissement inexpliqué imposent un avis médical rapide.

Catégories :Santé

Articles similaires

Tous les guides Santé →

← Retour à Santé